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Table ronde « Traite des enfants dans le sport : Réponses politiques et dialogue des parties prenantes dans le contexte de l’UE », organisée par Mission 89, accueillie par la députée européenne Hilde Vautmans, Parlement européen, Bruxelles, 29 janvier 2026.

Table ronde « Traite des enfants dans le sport : Réponses politiques et dialogue des parties prenantes dans le contexte de l’UE », organisée par Mission 89, accueillie par la députée européenne Hilde Vautmans, Parlement européen, Bruxelles, 29 janvier 2026.
30/01/2026

Le 29 janvier 2026, l’Ambassadeur Michel Veuthey a été invité en tant que panéliste à une table ronde sur la lutte contre la traite des enfants dans le sport, organisée au Parlement européen à Bruxelles. L’événement était organisé par Mission 89 et accueilli par la députée européenne Hilde Vautmans, du groupe Renew Europe.

Cette table ronde a réuni des représentants des institutions européennes (Commission européenne, Parlement européen et Conseil de l’Europe), des organisations régionales (Union africaine), des institutions sportives (FIFA), des associations ainsi que des athlètes professionnels.

En introduisant le panel, la députée européenne Hilde Vautmans, vice-présidente de l’Intergroupe sur les droits de l’enfant, a réaffirmé son engagement à protéger les enfants dans le sport, notamment alors que l’UE réexamine actuellement sa stratégie de lutte contre la traite, qui devrait inclure des mesures spécifiques pour le secteur sportif. Elle a promis son soutien aux initiatives visant à améliorer la protection et la prévention de la traite des enfants dans le sport.

Diane Schmitt, coordinatrice de la lutte contre la traite au sein de l’UE, a souligné que l’identification des enfants victimes de traite reste un défi majeur. Elle a également mis en avant les difficultés à recueillir des preuves pour les poursuites liées à la traite des enfants et a évoqué les tendances émergentes, notamment l’augmentation du nombre d’enfants traffiqués en provenance de pays d’Amérique latine. Elle a toutefois noté que l’Union européenne dispose d’un cadre solide pour lutter contre ce fléau. D’ici au 16 juillet 2026, tous les États membres de l’UE auront transposé ces instruments en droit national. Les nouvelles directives (2024/1712) obligent les États membres à collecter des données sur les cas de traite. De plus, lors de grands événements sportifs comme les Jeux Olympiques de Paris 2024, des mesures obligatoires sont mises en place pour prévenir la traite. Enfin, elle a insisté sur le fait que l’Europe dispose d’agences de maintien de l’ordre efficaces, telles qu’EUROPOL et EUROJUST, qui sont bien conscientes des enjeux.

Poursuivant les échanges, Mme Petya Nestorova, secrétaire exécutive du GRETA au Conseil de l’Europe, a rappelé l’engagement du Conseil de l’Europe dans la lutte contre la traite. Elle a noté que le droit international et national ne définit pas clairement la traite dans le contexte sportif, et que, malheureusement, l’identification des victimes enfants relève actuellement davantage de la chance que d’efforts systématiques des autorités.

Au niveau du Conseil de l’Europe, des mesures de lutte contre la traite sont incluses dans ses conventions. Certains pays, comme le Portugal, montrent l’exemple en introduisant une formation obligatoire pour le personnel sportif afin d’identifier les cas de traite. Le Portugal impose également aux clubs sportifs de respecter des normes spécifiques lorsqu’ils travaillent avec des enfants. Enfin, elle a souligné que le Conseil de l’Europe travaille sur une liste de facteurs de risque et d’indicateurs pour améliorer la détection et la prévention.

Les organisations sportives ont ensuite pris la parole. Marie-Laure Lemineur, responsable de la protection de l’enfance et de la sauvegarde à la FIFA, a insisté sur l’importance des réglementations pour lutter contre la traite, notamment la licence pour les agents, les restrictions de transfert pour les jeunes joueurs et l’obligation pour les clubs de signaler les activités suspectes. Elle a rappelé que la FIFA a publié un guide éthique sur cette question, ainsi qu’un programme de diplôme sur les mesures de sauvegarde pour les points focaux au sein des fédérations. Elle a également souligné l’importance des systèmes de sanctions au sein des organisations.

Le Dr Decius Chipande, représentant du Conseil sportif de l’Union africaine, a indiqué que ces phénomènes sont étroitement liés aux questions de migration. Il a noté que seuls 8 États membres de l’Union africaine disposent actuellement de normes de sauvegarde, mais que l’Union africaine travaille en étroite collaboration avec Mission 89 pour promouvoir l’adoption de ces normes parmi ses États membres.

Enfin, M. Roberto Branco Martins, directeur général de l’Association européenne des agents de football, a souligné que les agents souhaitent opérer dans des environnements réglementés. Cependant, la sanction des agents non agréés reste un défi pour la FIFA dans certains cas. Il a donc insisté sur la nécessité pour les États d’inclure dans leurs lois nationales l’obligation pour les agents d’être agréés par la FIFA.

Le panel s’est conclu par des témoignages d’athlètes de haut niveau, ainsi que d’associations travaillant directement avec des enfants victimes de traite dans le sport. Il existe actuellement un réseau solide d’associations avec lesquelles la collaboration semble prometteuse pour mieux prévenir et protéger les enfants de l’exploitation par des agents malveillants.

Dans son intervention, l’Ambassadeur Michel Veuthey a souligné le rôle crucial des acteurs humanitaires dans la lutte contre la traite des enfants dans le sport. Il a proposé d’intégrer des professionnels formés au sein des environnements sportifs pour identifier les risques et protéger les jeunes athlètes.

L’Ordre de Malte, déjà actif sur le terrain et présent lors de nombreux événements sportifs par le biais de ses associations nationales, comme l’Ordre de Malte France, Irlande, Allemagne et CISOM en Italie, pourrait amplifier ces efforts en collaborant avec la Direction générale de la protection civile et des opérations d’aide humanitaire de l’Union européenne (DG ECHO). L’accent est mis sur la prévention, en particulier pour les populations migrantes vulnérables.

260122_Speaker Brief_EP Brussels Roundtable – H.E. Prof Veuthey