News

Invitation à prendre la parole lors d’un événement parallèle sur la protection des réfugiés en Afrique, pour s’exprimer sur la traite des êtres humains, Genève, 26 février

27/02/2026

Le 26 février, l’Ambassadeur a été invité à prononcer une déclaration sur la traite des êtres humains en Afrique lors d’un événement parallèle organisé par le Réseau Unité pour le Développement en Mauritanie, en marge de la 61e session du Conseil des droits de l’homme.

Voici l’intégralité de la déclaration de l’Ambassadeur :

Excellences,

L’Ordre souverain de Malte tient à remercier le « Réseau Unité pour le Développement de Mauritanie »  pour leur invitation à cet événement parallèle.

La protection des droits des réfugiés en Afrique est une question cruciale, car elle contribue également à les protéger contre la traite des êtres humains. L’Afrique est un continent où un nombre élevé de victimes de la traite des êtres humains sont identifiées chaque année, des millions selon les données disponibles. Cependant, ces chiffres sont largement considérés comme sous-estimant l’ampleur réelle du problème en raison des difficultés importantes rencontrées pour détecter et signaler ces cas.

Ce phénomène résulte de divers facteurs, notamment des conditions socio-économiques telles que la pauvreté, les inégalités et l’absence de cadres juridiques et de moyens de mise en œuvre, avec des disparités importantes entre les pays africains. Les formes de traite sont diverses, allant du travail forcé, en particulier dans le secteur domestique, l’agriculture et les mines, à l’exploitation sexuelle et la prostitution, en passant par le recrutement militaire, notamment d’enfants soldats.

Au-delà d’être un continent où sévit la traite des êtres humains, l’Afrique est également une région d’origine majeure pour les victimes victimes de traite vers l’Europe occidentale et le Moyen-Orient. La traite doit être comprise comme un problème transnational, ce qui signifie que la traite en Afrique concerne également directement l’Europe et d’autres régions.

La traite des êtres humains est un crime grave, classé à la fois comme crime de guerre et crime contre l’humanité. Les réfugiés sont très vulnérables à la traite. Fuyant leur vie sans rien, ils se retrouvent souvent dans des camps, où les trafiquants exploitent leur vulnérabilité. Comme le rapporte le HCR, les femmes dans ces camps sont parfois exploitées sexuellement en échange de nourriture. Les enfants vivant dans les camps de réfugiés sont également recrutés pour le travail forcé ou par des groupes armés pour servir comme enfants soldats.

Le nombre élevé de personnes déplacées en Afrique, 40 millions en 2023, continue d’augmenter en raison de l’intensité des conflits en cours et des effets du changement climatique.

Ces conditions défavorables augmentent non seulement le nombre de réfugiés en Afrique, mais aussi le nombre de réfugiés africains qui atteignent l’Europe. Comme souligné précédemment, la question des personnes déplacées et de la traite est transrégionale. L’ONUDC a signalé une corrélation entre l’augmentation des populations déplacées et le nombre croissant de victimes africaines de la traite détectées en Europe.

Il est donc essentiel que toutes les parties prenantes s’acquittent de leurs obligations en matière de protection des personnes déplacées et des réfugiés.

Les organisations religieuses peuvent jouer un rôle central. Elles sont profondément ancrées dans les communautés, opèrent souvent dans des régions reculées et sont reconnues comme des autorités morales. À ce titre, elles peuvent contribuer de manière significative aux efforts de prévention, d’identification et de protection des victimes de la traite.

L’Ordre souverain de Malte, à travers ses activités humanitaires et diplomatiques, s’engage à protéger les réfugiés et les personnes déplacées. Nos associations nationales et notre agence d’aide humanitaire, Malteser International, fournissent une aide humanitaire aux réfugiés et aux populations déplacées dans des zones de conflit telles que le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, entre autres.

Au niveau diplomatique, l’Ordre de Malte a pris de multiples initiatives pour sensibiliser l’opinion publique à la traite des êtres humains. En décembre dernier, nous avons coorganisé une conférence de haut niveau à Rome avec Praeveni Global et l’Université pontificale grégorienne. Cet événement a réuni des représentants gouvernementaux, des organisations internationales, des forces de l’ordre, des organisations confessionnelles, des ONG, des rapporteurs spéciaux des Nations unies, des universitaires et des entreprises afin de discuter des défis posés par la traite des êtres humains. Le représentant du HCR a souligné comment les déplacements forcés, la séparation des familles et les voies de migration légales limitées créent des environnements propices à la traite, en particulier le long des routes migratoires.

Le rapport de cette conférence est disponible en ligne à l’adresse suivante : https://www.romeconference2025.com

Merci.