ENFANTS SOLDATS – Événement organisé par la Mission Permanente du Maroc à Genève – Intervention de Michel VEUTHEY, Ambassadeur de l’Ordre de Malte

22/11/2022

Les enfants soldats sont un sujet qui mériterait davantage d’attention, tant sur le plan humanitaire que sécuritaire. Les 300.000 enfants soldats font partie des 50 millions d’esclaves contemporains, tels que l’OIT et l’OIM l’ont documenté dans un rapport en septembre de cette année, dix millions de plus que l’estimation d’il y a 5 ans. Les enfants soldats sont souvent victimes des différentes formes de trafics d’êtres humains : travail forcé, exploitation sexuelle et pornographique, vols et trafic d’organes, crimes forcés, y compris le trafic d’armes, de drogue et le terrorisme.

Vous pouvez accéder à la présentation powerpoint de Michel Veuthey ICI. 

 

Rencontre de Genève sur :
« L’enrôlement des enfants-soldats par les milices armées »

Lundi 21 novembre 2022

Michel Veuthey

 

Merci aux Organisateurs pour m’avoir invité à cette importante conférence

 

Les enfants soldats sont en effet un sujet qui mériterait davantage d’attention, tant sur le plan humanitaire que sécuritaire.

 

Les 300.000 enfants soldats font partie des 50 millions d’esclaves contemporains, tels que l’OIT et l’OIM l’ont documenté dans un rapport en septembre de cette année, dix millions de plus que l’estimation d’il y a 5 ans.

 

Les enfants soldats sont souvent victimes des différentes formes de trafics d’êtres humains  travail forcé, exploitation sexuelle et pornographique, vols et trafic d’organes, crimes forcés, y compris le trafic d’armes, de drogue et le terrorisme.

 

Comme vous le voyez, il y pléthore de droit…De nombreux instruments juridiques internationaux, régionaux et nationaux pourraient être mieux utilisés pour prévenir, protéger et réhabiliter les enfants soldats :

– les Droits de l’homme, surtout la Convention sur les droits de l’enfant (1989) et son Protocole facultatif concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés (2000)

– la Charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant

– la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains

– la Convention de l’OIT No 182 sur les pires formes de travail des enfants

– les Conventions de Genève de 1949 et leurs deux Protocoles additionnels de 1977 sur la protection des victimes de la guerre

– le Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale qui qualifie de crime de guerre la conscription ou l’enrôlement d’enfants de moins de 15 ans dans les forces armées, que ce soit en temps de conflit international ou non.

– le droit des réfugiés, car les ex-enfants soldats, leurs familles et leurs anciens commandants pourront être requérants d’asile et bénéficier – ou non – du statut de réfugiés.

– la Convention contre le crime organisé transnational et son Protocole, dit de Palerme, visant à prémunir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants.

 

Que faire ?

  1. Mobiliser la conscience publique par l’information, la formation et le dialogue avec les parties en conflit
  2. Partager les bonnes pratiques des Gouvernements, des organisations internationales et de la société civile, y compris d’ONG comme l’Appel de Genève et des organisations confessionnelles
  3. Promouvoir l’action de prévention, de protection et de réhabilitation. Un exemple est ce Plan d’Action proposé par l’ONU et l’UNICEF.

 

Le mot clef est la coopération, à tous les niveaux, international, régional, national, au niveau gouvernemental et de la société civile !

Mobiliser toutes les parties prenantes, Gouvernements, autres parties au conflit, société civile, organisations confessionnelles et dirigeants spirituels, également le secteur économique privé, les médias, sans oublier universités et système éducatif et médical

 

En conclusion, voici quatre propositions :

 

  1. Adapter les traités internationaux et les législations nationales pour combattre la violence contre les enfants et leur exploitation, particulièrement en ligne, sur les réseaux sociaux et sur internet en général
  2. Appliquer et mettre en oeuvre les traités et le droit national en vigueur et les Plans Nationaux relatifs à la protection des enfants en temps de conflit armé
  3. Mobiliser l’opinion publique et former les acteurs étatiques et non-étatiques pour identifier, protéger et réhabiliter les enfants soldats
  4. Accroître le soutien aux efforts de prévention, protection et réhabilitation des enfants soldats par les Gouvernements et par la société civile. Ces efforts devront combiner de nombreuses approches, sécuritaires, humanitaires, médicales, psychologiques, éducatives, spirituelles ; elles s’adresseront aux victimes et à leurs familles et à leurs communautés ; elles devraient aussi adopter des approches de justice restaurative, justice réparatrice, et de réconciliation.

 

Merci de votre appui à cette cause qui mérite toute notre attention à toutes et à tous !

MV DG  21 XI 22

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