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Conférence de haut niveau sur la traite des êtres humains « 25 ans après le Protocole de Palerme » – Rome, 10 décembre 2025

16/12/2025

Le 10 décembre 2025, à l’issue de douze mois de planification coordonnée et de collaboration entre S.E. le Professeur Michel Veuthey, Ambassadeur de l’Ordre Souverain de Malte chargé de la surveillance et de la lutte contre la traite des personnes ; M. Kevin Hyland, OBE, LLM, Directeur Général de Praeveni Global ; et le Père Prof. Dr Hans Zollner, SJ, directeur de l’Institut d’anthropologie de l’Université Pontificale Grégorienne, une conférence de haut niveau sur la traite des êtres humains s’est tenue à l’Université Pontificale Grégorienne à Rome. Cet événement commémorait le 25e anniversaire de la signature du Protocole de Palerme.

La conférence a réuni des représentants des gouvernements, des organisations internationales, du monde académique, des institutions confessionnelles, de la société civile, des milieux économiques, des acteurs de la justice pénale et des responsables politiques afin de réfléchir à l’évolution des défis liés à la traite des êtres humains et de renforcer les réponses mondiales. Parmi les participants de marque figuraient l’honorable Pamela Bondi, Procureure Générale des États-Unis ; S.E. Don Riccardo Paternò di Montecupo, Grand Chancelier de l’Ordre Souverain de Malte ; S.E. le Dr Josef D. Blotz, Grand Hospitalier de l’Ordre Souverain de Malte ; Son Éminence le Cardinal Fabio Baggio, sous-secrétaire du Dicastère pour le service du développement humain intégral ; S.E. le Dr Stefano Pizzicannella, envoyé spécial de l’Italie pour la lutte contre la traite des êtres humains ; et Mgr Marcelo Sánchez Sorondo, chancelier émérite de l’Académie pontificale des sciences sociales.

Tout au long de la journée, les discussions ont porté sur les priorités clés de l’action collective, notamment la réforme structurelle, le renforcement de l’État de droit, la protection centrée sur les victimes et la prévention stratégique. Les intervenants ont souligné l’urgence de mettre en place des stratégies nationales et internationales intégrées afin de prévenir la traite, de soutenir les victimes, de démanteler les réseaux criminels et de s’attaquer aux défaillances systémiques qui permettent la persistance de l’exploitation.

Au-delà des analyses juridiques et politiques, les participants ont également entendu des témoignages de terrain de la part d’organismes chargés de l’application de la loi tels que l’An Garda Síochána d’Irlande, le FBI et INTERPOL, ainsi que d’organisations religieuses et humanitaires, dont le Corps italien de secours de l’Ordre de Malte (CISOM), l’Association polonaise de l’Ordre de Malte et des rapporteurs spéciaux des Nations Unies. Ces contributions ont mis en lumière les réalités concrètes de la lutte contre la traite sur le terrain.

Les données présentées par Praeveni Global indiquent que moins d’un demi-pour cent des quelque 50 millions de victimes estimées dans le monde sont identifiées chaque année. Malheureusement, les trafiquants continuent de remplacer les victimes et l’ampleur de ce commerce ne cesse de croître, générant désormais plus de 236 milliards de dollars américains de revenus criminels annuels.

La conférence a lancé un appel à l’action et à la mobilisation des ressources. Les panélistes ont noté que, malgré l’existence de nombreux cadres juridiques et une sensibilisation accrue, la mise en œuvre demeure insuffisante. La traite des êtres humains persiste, menaçant l’État de droit, les économies, la sécurité, la vie et la dignité humaine.

Les participants ont souligné que la lutte contre la traite des êtres humains constitue à la fois une obligation morale et juridique, et non un acte de charité. Une action efficace requiert l’engagement de tous les secteurs de la société, y compris les gouvernements, les organisations internationales, les entreprises, les syndicats, les organisations sportives, les opérateurs de transport, les médias, le monde académique, les ONG, les institutions confessionnelles (FBOs), ainsi que les survivants, qui doivent être reconnus comme des agents du changement.

Une prévention efficace doit inclure l’éducation à tous les niveaux sur l’urgence de prévenir et de combattre la traite des êtres humains. À cet égard, des cours en ligne en anglais et en français sont prévus. Des chaires universitaires dédiées à la traite pourraient être créées dans les universités catholiques, à l’exemple des universités américaines qui ont mis en place des chaires sur le changement climatique.

Les efforts de lutte contre la traite des êtres humains comportent également une dimension spirituelle. Les participants ont souligné l’importance de la prière pour les victimes, pour ceux qui leur viennent en aide et même pour les trafiquants. Le consensus a été que seule une action coordonnée, enracinée dans des principes moraux et spirituels communs, peut inverser les tendances actuelles et contribuer à l’élimination de l’esclavage moderne.

Des remerciements particuliers ont été adressés aux sponsors de la conférence, l’Attorney General Alliance (AGA), la Semnani Family Foundation, le British Standards Institution (BSI), la Fondation CUHD et le Corps italien de secours de l’Ordre de Malte (CISOM), pour leur généreux soutien.

Photos : M. Nicusor Floroaica, photographe de l’Ordre Souverain de Malte.

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Rapport de la Conférence : RAPPORT